Situation agrohydropastorale de la 2ème décade du mois de juillet 2026
Au 20 juillet 2026, le Front Intertropical (FIT) a repris sa migration saisonnière vers le nord, atteignant une position moyenne de 17,6°N. Cette position correspond à un déplacement latitudinal d’environ 1,5° (près de 165 km) par rapport à celle observée au 10 juillet 2026. À la fin de la deuxième décade de juillet, le FIT s’étendait selon un axe reliant le centre de la Mauritanie au nord du Tchad, en passant par le nord du Mali et le nord du Niger. Cette configuration a favorisé des conditions propices à des précipitations modérées à fortes, notamment sur le littoral de la façade atlantique.
La situation hydrologique de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel demeure globalement calme au cours de la deuxième décade de juillet 2026. Les premiers effets de l’installation de la saison des pluies se traduisent par une hausse progressive des écoulements sur plusieurs cours d’eau, sans risque hydrologique majeur à l’échelle régionale. Sur le bassin moyen du fleuve Niger, les écoulements à la station de référence de Niamey poursuivent leur augmentation par rapport à la première décade de juillet. Toutefois, ils restent inférieurs à ceux observés à la même période en 2025. En revanche, le volume cumulé écoulé depuis le début de la saison est supérieur à celui enregistré l’année dernière, en raison des importantes contributions observées à la fin du mois de juin. Sur le bassin du fleuve Sénégal, les niveaux d’eau demeurent globalement inférieurs à ceux de l’année précédente. Une tendance à la montée est observée sur le cours principal à Bakel ainsi que sur la Falémé à Kidira, tandis que la tendance des écoulements de Bakoye à la station de Oualia est à la baisse. Les niveaux actuels restent largement en deçà des seuils d’alerte. Les barrages suivis présentent des taux de remplissage encore modestes. Au Burkina Faso, la plupart des retenues affichent des niveaux inférieurs à ceux de 2025, avec seulement deux barrages de faible capacité de stockage (moins de 7 millions de m3/s) en déversement. Cependant l’année passée à la même date on était à 3 barrages déversant dont le barrage de Ziga qui a une capacité de 200 millions de m3. Au barrage de Manantali, le niveau d’eau a atteint son minimum saisonnier avant d’amorcer une remontée progressive, traduisant le début de la recharge de la retenue.
La situation acridienne demeure relativement calme dans la région, après la forte résurgence observée en Afrique du Nord au cours des mois précédents et ayant mobilisé d’importants moyens au Maroc en particulier. Près de 88 500 ha ont été traités au cours du mois de juin dans ce pays où des groupes d’ailés issus de la mue imaginale sont encore présents dans le centre du pays. Quelques groupes d’ailés immatures ainsi que des larves et ailés isolés et épars ont été également observés en Algérie. En Mauritanie, des ailés isolés et épars ont été aussi observés.
A la deuxième décade de juillet, le front de végétation a atteint la limite nord de la zone pastorale (ZP) à l’exception du nord du Sénégal, du centre-est du Mali, du centre-est du Niger et du centre-ouest du Tchad où des anomalies négatives de l’indice de végétation par différence normalisée (NDVI) ont été observées. Globalement, ce niveau est inférieur à celui de la moyenne des cinq dernières années et à celui de l’année passée.
Le niveau de croissance atteint par la végétation est inférieur à 40 % dans la majeure partie de la (ZP). Cependant, des valeurs atteignant 50 % sont observées à quelques rares endroits, notamment au centre du Mali (Mopti), au centre-est du Sénégal, au nord du Burkina Faso et dans la zone du Lac Tchad.
L’analyse du niveau de croissance de la végétation en lien avec le cumul pluviométrique décadaire dans certaines localités du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, Niger, du Sénégal et du Tchad révèle un retard par rapport au niveau de l’année passée à la même période. Néanmoins, il présente une similitude avec la moyenne 1991-2025. En outre dans toutes ces localités, le niveau de croissance est supérieur au minimum absolu enregistré sur la période 1991-2025.
Pour l’abreuvement du bétail, la concentration d’animaux et les conflits :
• On note une amélioration de l’accès à l’eau grâce aux pluies récentes d’où une baisse progressive
des conflits liée à la dispersion des concentrations autour des points d’eau;
• On constate que la situation sécuritaire entrave fortement la mobilité pastorale et l’accès aux
ressources pour les troupeaux.